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  Joseph-Cyrice Morency (1896 - 1993 )  
  Médium(s) : peinture
Présentation de l'artiste

Joseph-Cyrice (orthographe officielle) Morency est le fils de Joseph-Cyrice-Aimé Morency et de Marie-Cécile-Philomène Leblond. Il a vu le jour le 6 août 1896 sur une ferme de la municipalité de Notre-Dame-des-Neiges de Trois-Pistoles.

Un dessinateur naturel

Tout jeune, Jos.-C. Morency avait du talent en dessin. Il en avait fait sa grande passion et s’y adonnait du mieux qu’il pouvait mais à travers les incessants travaux de la ferme. Il reproduisait, à l’aide de crayons à mine, de crayons de couleur ou à l’encore de Chine, les images pieuses des livres du temps. Souvent, il s’inspirait de faits divers qu’il trouvait dans les journaux. Cette source explique sans doute les nombreuses tragédies qu’il a illustrées.

Les Beaux-arts de Québec

À l’été 1922, la mère de l’artiste reçoit chez elle Olivar Asselin, journaliste pamphlétaire bien connu, et ses deux beaux-frères architectes, le réputé Jean-Omer Marchand, de Westmount, et Jules Poivert, de l’École des beaux-arts de Montréal. En apercevant les dessins de Joseph-Cyrice, et sûr du talent naturel exceptionnel du jeune homme, le mécène Marchand offre à ses parents d’effectuer les démarches nécessaires à l’obtention d’une bourse d’étude pour leur fils. Impressionnées par les dessins et les talents du jeune artiste, les autorités de l’institution l’accueillent de 1924 à 1927. Jos. Morency, à 26 ans, avec au mieux une 5e année, ira étudier dans une grande école d’art.

Jos.-C. Morency avale goulûment tout ce savoir dont il est avide et dont il ne se rassasie jamais. Il travaille à reproduire fidèlement des œuvres classiques. Avec son ami, Alfred Pellan, il est un grand admirateur de Picasso. Il reviendra des Beaux-arts de Québec avec des diplômes dans les spécialisations suivantes : la peinture, l’anatomie, les arts décoratifs et la sculpture.

L’artiste à l’œuvre en sol américain

Après sa sortie de l’École des Beaux-Arts de Québec, en juin 1925, c’est à Boston qu’il s’installe et travaille jusqu’en 1929. Il réalise des contrats comme décorateur, surtout dans des églises et des chapelles irlandaises de cette région. Il y restaure des œuvres et décore les lieux à partir des illustrations qu’on lui soumet. Rarement exécute-t-il un travail à partir de ses propres créations. On fait appel à ses talents de technicien plutôt qu’à ses talents de créateur.

Perfectionnement à Bruxelles

Perfectionniste et désireux de mieux maitriser certaines techniques de travail du bois, du marbre et du laiton, Jos. Morency était désireux d’aller peaufiner son art de décorateur en Europe, ce qu’il ne pouvait s’offrir par lui-même. Compte tenu de ses réalisations, les autorités ecclésiastiques, inspirés par des visées aussi intéressantes qu’intéressées, lui avancent les fonds nécessaires à ce projet. À son retour d’Europe, il sera chargé de tâches que l’on ne confie qu’aux virtuoses de sa profession.

Il entreprend donc, en 1930, des études à l’École supérieure de Peinture Logelain de Bruxelles, la référence européenne du moment en matière d’enseignement du travail du marbre, du bois, du bronze et même de l’ivoire. Au terme de sa formation, il reçoit la médaille d’or avec diplôme professionnel. Le voilà un artiste avéré dans le monde de l’art appliqué à la restauration.

Autres réalisations aux États-Unis

Son art est achevé et sa facture exceptionnelle car, à son retour d’Europe, Morency se voit confier par le cardinal irlandais William Henry O’Connell (1859-1944), archevêque de Boston, la rénovation de la voûte de la grande chapelle du Séminaire de cette ville.

En 1936, Jos Morency continue à se perfectionner dans des institutions comme le Boston Wagner Art School. Les offres de contrat viennent des paroisses des villes de Nashua, Boston, Bedford, Providence, Van Buren et North Cambridge. En outre, l’artiste, est également sollicité par des particuliers.

Fin tragique d’une carrière

La carrière de l’artiste s’arrête abruptement quand un accident, que l’on appellera le drame de North Cambridge, met fin à son rêve américain. C’est dans cette église, en 1942, qu’il subit l’accident qui met un point à sa carrière américaine. Il se fracture cinq vertèbres lors d’une chute de quelque 11 mètres (35 pieds). On l’opère sur-le-champ. Le verdict tombe : c’est la fin de sa carrière de décorateur d’églises. Il devra désormais porter un corset orthopédique qui limitera grandement sa mobilité.

Devenu incapable de continuer son travail chez nos voisins du Sud, il revient à Trois-Pistoles en 1946. Ce retour dans son patelin marque la fin de la belle aventure, de la reconnaissance, la fin des défis stimulants à relever et d’une passion qui donnait un sens à sa vie.

Il s’investit désormais dans des travaux qui font diversion au mal, dans des tâches plus souvent qu’autrement thérapeutiques. Il s’intéresse à tout et s’essaie en de multiples genres. Imbibé de mœurs et coutumes de chez nous, il peint des tableaux qui ont pour thèmes des personnages ou des évènements qui font partie de nos traditions et de notre histoire. Et c’est précisément ici que l’artiste se fait le mieux créateur, novateur, original.

Résumé d'extraits choisis de la publication Joseph-Cyrice Morency - Artiste pistolois, de Paul-André Ouellet, Société d'histoire et de généalogie de Trois-Pistoles, 2007, 40 p.