Mot de passe oublié ?
     
 Expositions en cours
 Publiqu'Art
 Itinér'Art (expositions itinérantes)
 Expositions en préparation
 Expositions antérieures (archives)
 Exposer au musée
  Secteurs d'intérêts
  Objectifs de la politique d'exposition
  Salles d'expositions
  Processus de sélection
   
     
     
 
Taille du texte Envoyer à un ami Imprimer
 
     
  Mutineries tranquilles  
 
Artiste(s) : Louis Belzile, Ulysse Comtois, Robert Roussil, Marcel Barbeau, Marcelle Ferron, Albert Dumouchel, Armand Vaillancourt, Jean-Paul Jérôme, Fernand Toupin, Hans Schleeh, Lise Gervais, Goodridge Roberts, Jean Dallaire, Paul Vanier Beaulieu, Edmund Alleyn, Henry Wanton Jones, Paul Lacroix, Jauran, Paul-Émile Borduas, Mario Merola, Rita Letendre
Type : Art contemporain
Médium(s) : peinture, sculpture
Producteur : Musée du Bas-Saint-Laurent
Commissaire : Charles Bourget

Date(s) et lieu(x)

Du 2008-06-02 au 2008-07-26 - Centre culturel de Drummondville, Québec
Du 2009-03-17 au 2009-05-17 - Villa Bagatelle, Québec
Du 2010-01-13 au 2010-05-02 - Musée du Bas-Saint-Laurent
Du 2010-08-09 au 2010-10-03 - Espace Parenthèse, Cégep Ste-Foy, Québec
Du 2010-10-16 au 2010-12-12 - Centre d'exposition de Mont-Laurier, Québec
Du 2011-01-07 au 2011-02-23 - Triangle Gallery of Visual Arts, Calgary, Alberta
Du 2011-07-04 au 2011-09-06 - Musée du Haut-Madawaska, Edmundston, N,-B.


Présentation de l'exposition

Mutineries tranquilles – L’art des années cinquante au Québec à travers la collection du Musée du Bas-Saint-Laurent

Les années cinquante confirment au Québec le passage à la modernité artistique amorcé, comme dans le reste du Canada, durant la première moitié du XXe siècle. Durant les années vingt et trente, à l’extérieur du Québec le Groupe des sept a marqué le détachement face à une peinture académique jugée conformiste et réactionnaire. Leur influence sur l’art d’avant-guerre a été fondamentale dans tout le pays. Au Québec, il n’y a pas eu de groupe aussi cohérent. Toutefois des artistes y ont prôné un besoin de liberté accrue et un désir de dépassement du cadre académique comparable. Suzor-Côté, Fortin, Hébert et surtout Pellan ont ainsi introduit une esthétique marquée par l’avant-garde européenne, principalement française. Impressionnisme, Fauvisme, Cubisme et Surréalisme rejoignent peu à peu le public d’ici. Durant les années cinquante cet intérêt pour la France persiste au Québec alors que le Canada anglais se tourne vers les états-Unis, principalement l’école de New York.


«Refus global» : 1948. Le cri libérateur d’une génération en quête de nouveauté.

Rejet du cléricalisme. Droit à l’expression. «Place à la magie! Place aux mystères objectifs! Place à l’amour! Place aux nécessités!»


Avec les années 1950, la porte est ouverte à la liberté et aux expériences artistiques les plus personnelles malgré les réticences de la société. C’est à partir de cette prise de position à saveur révolutionnaire que l’on développera les nouvelles conceptions de l’art. Pourtant les artistes actifs durant cette décennie ne chercheront pas toujours les actions d’éclat. Ils croiront le plus souvent au pouvoir social de la création artistique elle-même. On peut, selon eux, grâce à l’expression formelle ou poétique, transformer les mentalités.

Successions de mutineries tranquilles visant à saborder l’ordre établi, l’art devient un moyen privilégié pour confronter les habitudes bourgeoises et déstabiliser le statu quo. Prélude à la Révolution tranquille des années 1960, la période d’après guerre a permis la mise en place d’un nouvel ordre social et culturel où la place de l’homme devient aussi importante que la dimension collective. On peut ainsi affirmer que la vision des artistes des années 1950 a beaucoup compté dans l’évolution de notre conception du monde.

Un port d’attache culturel aux couleurs de la modernité figurative européenne

Pour aller plus loin et retrouver l’essence de la création, les artistes les plus fougueux de la décennie 1950-1960 devront s’éloigner de ce port d’attache sécurisant qu’est l’art figuratif modernisé par les avant-garde de la première moitié du siècle. Il ne faut pas oublier que ce qui avait déstabilisé les amateurs d’art et les cercles officiels de la critique à la fin du XIXe et au début du XXe siècle ne possède plus, depuis les années 1930 déjà, de caractère proprement marginal. On accepte dorénavant facilement la simplification des formes, le choix de couleurs anti-naturalistes, la déconstruction des figures ou encore la valorisation d’une expression infantile ou primitive. Pourtant, au delà de l’abondante production artistique à caractère confessionnel, de nombreux artistes laïques puisent encore de manière relativement conventionnelle les sources de leurs questionnements formels dans l’Expressionnisme, le Fauvisme, le Cubisme et le Surréalisme principalement. La dimension figurative encore très présente dans chacun de ces courants satisfait le besoin d’expérimentation de la plupart des créateurs du moment.


Premier sabordage
La mutinerie par l’expression lyrique

Expression de l’âme et du corps, l’Automatisme prôné par Borduas, maître incontesté du virage de la peinture québécoise vers l’abstraction, vise une valorisation incontestable de la dimension sensible de la création. La mise en évidence des formes, des couleurs, du geste permet à l’observateur de sentir concrètement la présence de l’artiste. On rejette systématiquement le sujet extérieur à l’œuvre qui devient significative par elle-même et non par référence à une réalité environnante.


En suivant cette ligne de conduite, les peintres de la mouvance de Borduas voulaient détourner le spectateur de ses habitudes visuelles pour l’amener à découvrir sa propre expérience sensible. Ils orchestraient ainsi un véritable sabordage du mutisme de notre société traditionnelle tenue en otage par les valeurs contraignantes de la morale judéo-chrétienne.

Second sabordage
La domination de la raison ordonnatrice

Un deuxième regroupement d’artistes, à partir de 1955, ne croient plus à la puissance de l’émotion. Pour eux l’esprit domine la matière et la forme ordonne l’univers. Selon des propositions abstraites très différentes de celles des Automatistes, ils cherchent à construire une représentation de la perfection de l’organisation des choses. On les appelle les Plasticiens pour souligner leur intérêt pour la géométrie et la structure rigoureuse de leurs compositions.


Ces jeunes idéalistes veulent museler la bêtise et la sensiblerie mièvre pour créer un nouvel ordre empreint de pureté et de logique. Le beau se trouve dans l’ordre et la rigueur. La raison et la vision éclairée peuvent changer le monde. Il faut éduquer le regard et l’esprit par la contemplation de formes qui transmettent ces valeurs essentielles.

Troisième sabordage
De nouvelles figures de proue

Des formes nouvelles, sans référence précise au monde extérieur, se dégagent du bois qui livrait auparavant les anges, les christs des calvaires et les bustes des élus. Le bronze explose littéralement en amas organisés et préfigure déjà les expérimentations exubérantes de la décennie suivante.


Véritable pied de nez à la commandite officielle de l’église et de l’état, la sculpture devient presque la figure de proue de la recherche naissante de liberté. On conquiert bientôt l’espace résidentiel, les lieux de travail, la ville et la nature. La recherche de nouveauté envahit ainsi l’ensemble de la vie portant en elle les germes d’un nouveau sentiment d’appartenance.


Fiche technique

Thème de l’exposition : Les années cinquante au Québec


Contenu : 28 œuvres des années cinquante par 22 artistes

Médium : gravures sculptures et peintures

Langues : bilingue (français et anglais)

Dimensions : 50 m linéaires,  100 m2

Matériel d’accompagnement :

  • Brochures d’accompagnement
  • Vignettes et panneaux didactiques
  • Carton d’invitation
  • Affiches promotionnelles
  • Programme éducatif primaire et secondaire

Assurances : transport assuré murs à murs, assurance de présentation aux frais de l’emprunteur

Durée du prêt : maximum dix semaines

Durée de la tournée : 2008-2011.


Ce projet a été rendu possible en partie grâce à une contribution du Programme d'aide aux musées du ministère du Patrimoine canadien.



 
     
     
   
     
   

Affiche accompagnant l'exposition